
La Sardaigne n’a jamais été notre première idée de voyage en Italie, et c’est exactement pour ça qu’elle nous a marqués. Douze jours de roadtrip entre le nord-est granitique et les criques du golfe d’Orosei, une eau plus claire que celle qu’on imaginait, et cette impression tenace d’avoir trouvé une île grecque égarée au large de la Corse. Ce guide rassemble tout ce qu’il faut savoir avant de partir : où dormir, quoi réserver, et les pièges d’accès aux plages qu’on ne soupçonne pas avant d’y être.
Guide mis à jour en juillet 2026. Les plages du golfe d’Orosei et La Pelosa sont désormais soumises à quota et réservation en ligne, détails plus bas.
Aller en Sardaigne : vol, ferry, formalités
Le vol depuis la France
Olbia est l’aéroport le plus pratique pour le nord-est de l’île (Costa Smeralda, La Maddalena, golfe d’Orosei). Cagliari dessert le sud, Alghero le nord-ouest. Bonne nouvelle si tu pars de Bordeaux : une liaison saisonnière estivale relie directement Mérignac à Olbia (Volotea, reprise généralement fin juin), en 1h45 de vol. Compte 120-250 € l’aller-retour hors dates de pointe, le double en plein cœur de l’été. Paris, Marseille, Nice et Lyon desservent aussi Olbia et Cagliari en saison.
Le ferry, pour emmener la voiture
Pour un roadtrip avec son propre véhicule, direction Toulon : Corsica Ferries relie Toulon à Porto Torres sans escale, traversée de nuit d’environ 10 heures, jusqu’à 3 départs par semaine en haute saison. Tarif passager entre 21 et 65 € selon la période, plus le véhicule. Autre option en passant par l’Italie continentale : Gênes-Olbia (Moby, GNV, Tirrenia), 11 à 13 heures de traversée, voiture et passagers pour 60 à 300 € selon saison et cabine.
Quand partir
Mai-juin et septembre sont les mois où tout se joue : mer déjà chaude (l’eau grimpe jusqu’à 24 °C en septembre, son pic), foule modérée, et des prix d’hébergement 30 à 50 % sous ceux de juillet-août. En plein été, l’île tourne à plein régime : chaleur qui dépasse parfois les 35 °C sur la côte, et les créneaux de réservation des criques les plus prisées disparaissent en quelques jours le week-end.
Budget quotidien
Compte 50-70 €/jour en routard (chambre d’hôtes, cuisine ou pizzeria, essence partagée), 90-140 € en confort intermédiaire, et largement plus en Costa Smeralda où les prix changent de catégorie. Un plat de poisson au restaurant tourne autour de 18-30 €, une pizza 8-14 €. L’essence coûte plus cher qu’en France, et prévois 1 à 2 €/heure pour la plupart des parkings de plage.
Louer une voiture (quasi indispensable)
Réserve tôt, idéalement plusieurs mois à l’avance : les prix grimpent vite en approchant de l’été (jusqu’à 60 €/jour en pleine saison contre 20-30 € hors saison). Évite les citadines trop basses, plusieurs pistes d’accès aux plages ne sont pas goudronnées. Vérifie la franchise et le mode de caution (empreinte carte bancaire quasi systématique).
L’accès aux plages, à anticiper absolument
C’est la vraie nouveauté de ces dernières années : plusieurs plages emblématiques sont passées à la réservation obligatoire, quota journalier compris. La Pelosa (Stintino) : réservation en ligne via spiaggialapelosa.it, 3,50 €/personne, contrôle de 8h à 18h, du 15 mai au 15 octobre. Dans le golfe d’Orosei, l’application Heart of Sardinia gère l’accès aux criques de la commune de Baunei : Cala Mariolu (700 personnes/jour, 2-3 € d’éco-contribution), Cala Goloritzé (250 personnes/jour, 7 €, réservable 3 jours à l’avance maximum), Cala Biriola (300/jour). Réserve ton créneau dès l’ouverture de la saison si tu vises juillet-août.
Où loger en Sardaigne : les 4 zones du nord-est
Le nord-est de l’île se prête à un roadtrip en boucle : archipel, extrême nord, jet-set et criques sauvages se répondent en quelques heures de route seulement.
La Maddalena et Palau : l’archipel
L’archipel de La Maddalena regroupe sept îles principales protégées en parc national, reliées à la Sardaigne par un ferry de 20 minutes depuis Palau. Ambiance îlienne, eaux translucides, et une base parfaite pour enchaîner les criques en bateau. On y reste volontiers plusieurs jours : le tour complet de l’archipel demande du temps, et la lumière change tout d’une heure à l’autre. Films et séries n’ont pas boudé le coin : la Costa Smeralda voisine a servi de décor à plusieurs productions italiennes liées au jet-set des années 1960-70, l’archipel garde lui l’image plus authentique du maquis méditerranéen. Voir tous les hôtels de La Maddalena ›



Hotel Garibaldi, en centre-ville de La Maddalena, à 7 minutes à pied de la marina. Voir les dispos et prix ›

Hotel Miralonga, également en centre-ville, proche des liaisons vers les criques. Voir les dispos et prix ›

Grand Hotel Resort&SPA Ma&Ma, réservé aux adultes, spa et piscine avec vue sur l’archipel. Voir les dispos et prix ›
👉 Le récit complet de notre séjour dans l’archipel de La Maddalena.
Santa Teresa di Gallura : l’extrême nord
À la pointe nord de l’île, Santa Teresa regarde directement vers la Corse, à peine 50 minutes de ferry. Le village a gardé son caractère de bourgade de pêcheurs, avec une place centrale animée le soir et des ruelles qui descendent vers le port. C’est ici que se trouve Capo Testa, un chaos de rochers de granit sculptés par le vent qui n’a rien à envier à celui de Bonifacio en face. Beaucoup de voyageurs posent une nuit ici avant de traverser en Corse, d’autres en font une base à part entière pour la semaine. Voir tous les hôtels de Santa Teresa ›



Hotel L’Ancora, simple et central, à quelques minutes de la plage de Rena Bianca. Voir les dispos et prix ›

Hotel Corallaro, à 100 mètres de la plage, piscine et grand parking gratuit. Voir les dispos et prix ›

Colonna Grand Hotel Capo Testa, face au parc naturel des Bouches de Bonifacio. Voir les dispos et prix ›
👉 Notre évasion au nord de la Sardaigne, à Santa Teresa di Gallura.
Costa Smeralda : le jet-set, ou Olbia pour un budget maîtrisé
La Costa Smeralda a été façonnée dans les années 1960 par l’Aga Khan, qui rêvait d’une riviera méditerranéenne pour la jet-set internationale. Porto Cervo en reste la vitrine : yachts alignés au port, boutiques de luxe, et des plages iconiques comme le Prince’s Beach ou Liscia Ruja, sable clair et eau turquoise digne des Caraïbes. C’est spectaculaire à visiter même sans y dormir. Pour un budget plus maîtrisé, loge plutôt du côté d’Olbia, à 30 minutes, et fais l’aller-retour pour la plage. Voir tous les hôtels autour d’Olbia ›

Hotel Ollastu, à Costa Corallina près d’Olbia, piscines et jacuzzi, parking gratuit. Voir les dispos et prix ›

Hotel Cala di Volpe, palace historique de la Costa Smeralda, membre The Luxury Collection. Voir les dispos et prix ›
Cala Gonone et le golfe d’Orosei : la Sardaigne sauvage
Notre coup de cœur du roadtrip. Cala Gonone est un petit village balnéaire adossé aux montagnes du Supramonte, face au golfe d’Orosei et à ses criques accessibles uniquement en bateau ou à pied. On y a posé nos affaires trois jours, le temps de rayonner vers Cala Luna et la grotte du Bue Marino. Le port, animé le soir, concentre les excursions et les bons restaurants de poisson. Voir tous les hôtels de Cala Gonone ›



Hotel L’Oasi, perché sur une falaise dominant la baie, accueil chaleureux : c’est notre adresse, on la recommande. Voir les dispos et prix ›

Hotel Resort Nuraghe Arvu, à 500 mètres de la plage, grand parc privé, vues mer et montagne. Voir les dispos et prix ›

Hotel Villa Gustui Maris, spa et note quasi parfaite des voyageurs. Voir les dispos et prix ›
👉 Notre article détaillé sur Cala Gonone et le golfe d’Orosei.
Les incontournables du nord-est sarde
Le golfe d’Orosei en bateau
La sortie qu’on recommande sans hésiter. Le consortium historique de Cala Gonone (NCTM) propose des mini-croisières depuis le port : transport seul vers la grotte du Bue Marino à partir de 30 €, formule complète golfe + Cala Luna + Cala Mariolu autour de 80-90 € en haute saison. Attention, ces tarifs couvrent uniquement le transport : le billet d’entrée de la grotte du Bue Marino (visite guidée obligatoire, environ 1 heure) coûte 8 à 11 € en plus, et les éco-contributions des criques de Baunei (2-7 € selon la crique) s’ajoutent aussi. Compte la journée complète pour en profiter.
Cala Goloritzé, la plus spectaculaire
Débarquement en bateau interdit sur cette plage classée monument naturel : seule l’arrivée à pied est autorisée, via un sentier de 3,5 km depuis le plateau du Golgo (1h30 de descente, 2 heures pour remonter, dénivelé de 470 mètres). Quota de 250 personnes par jour, réservation via l’application Heart of Sardinia, ticket à 7 €. Les bateaux d’excursion passent devant et proposent une baignade au large, sous l’arche rocheuse, sans débarquer.
L’archipel de La Maddalena en bateau
Une journée en mer entre les sept îles du parc national : Budella et sa plage rose (accès très restreint, souvent interdit à la baignade pour la préserver), Caprera où repose Garibaldi, et les criques de Spargi. Les excursions à la journée partent de Palau ou La Maddalena, comptez une bonne demi-journée minimum pour apprécier l’archipel.
Capo Testa et Bonifacio
Le chaos rocheux de Capo Testa, à Santa Teresa, se visite librement et gratuitement, meilleure lumière en fin d’après-midi. Pour prolonger, le ferry vers Bonifacio (Corse) traverse en 50 minutes (Moby Lines, Ichnusa Lines), ou une excursion à la journée avec le Consorzio delle Bocche (à partir de 90 €, 8 heures) emmène voir les falaises de Bonifacio, la lagune de l’Isola Piana et l’île Lavezzi.
Les gorges de Gorropu et le site nuragique de Tiscali
Pour changer de la plage : les gorges de Gorropu, le canyon le plus profond d’Italie (parois jusqu’à 500 mètres), se visitent pour 6 € d’entrée, accessibles depuis le col de Genna Silana ou la vallée du Flumineddu. Le village nuragique de Tiscali, cité mystérieuse blottie dans une doline du Supramonte, se visite obligatoirement avec un guide (5 €, présent tous les jours), au terme d’une randonnée de 2 heures depuis la vallée de Lanaittu.
Stintino et la plage de La Pelosa
Au nord-ouest, la Pelosa mérite le détour rien que pour sa lagune couleur lagon, adossée à une tour espagnole du XVIe siècle. Accès désormais réglementé (réservation en ligne obligatoire, 3,50 €/personne, du 15 mai au 15 octobre), mais l’affluence maîtrisée rend la visite bien plus agréable qu’avant. Je détaille toutes les infos pratiques (Asinara, où loger, autres plages) dans mon article dédié à Stintino et La Pelosa.


Activités à réserver sur place
Pour réserver une activité ou une visite guidée à l’avance, voici une sélection d’expériences disponibles sur place :
La location de kayak ou de SUP à Cala Gonone (environ 40-50 €/jour) permet de rejoindre certaines criques à son rythme. Les centres de plongée locaux (grottes sous-marines, tombants) fonctionnent surtout sur devis personnalisé, mieux vaut les contacter directement avant de partir plutôt que de se fier à un tarif affiché en ligne. Côté farniente actif, GetYourGuide et Viator référencent les mini-croisières du golfe d’Orosei et les excursions vers Bonifacio, pratiques pour réserver à l’avance en haute saison.
Un itinéraire type sur 8-10 jours
- Jours 1-2 – Arrivée à Olbia, installation Costa Smeralda ou Olbia, découverte de Porto Cervo.
- Jours 3-4 – La Maddalena et Palau : traversée en ferry, tour de l’archipel en bateau.
- Jour 5 – Santa Teresa di Gallura, Capo Testa, éventuelle incursion à Bonifacio.
- Jour 6 – Route vers Stintino et La Pelosa (réserver son créneau à l’avance).
- Jours 7-9 – Cala Gonone et le golfe d’Orosei : mini-croisière, Gorropu ou Tiscali.
- Jour 10 – Retour vers Olbia pour le vol.
Notre circuit complet depuis Bordeaux et notre roadtrip en vidéo détaillent chaque étape jour par jour.
Avant de réserver
Cale en priorité trois choses : le vol (la ligne Bordeaux-Olbia est saisonnière, à confirmer chaque printemps), la voiture de location (les prix grimpent vite en approchant de l’été), et les créneaux d’accès aux criques du golfe d’Orosei et à La Pelosa si tu voyages en juillet-août. Le reste se cale sur place, l’île se prête bien à l’improvisation. Comparer les hôtels en Sardaigne sur Booking.
FAQ – Voyage en Sardaigne
Faut-il réserver les plages du golfe d’Orosei à l’avance ?
Oui, depuis plusieurs saisons. Cala Mariolu, Cala Goloritzé et Cala Biriola sont soumises à un quota journalier et à une réservation via l’application Heart of Sardinia, avec une éco-contribution de 2 à 7 € selon la crique. En haute saison, les créneaux partent en quelques jours.
Comment aller en Sardaigne depuis la France ?
En avion (Olbia, Cagliari ou Alghero, avec une liaison saisonnière directe Bordeaux-Olbia), ou en ferry avec sa voiture depuis Toulon vers Porto Torres (environ 10 heures de traversée) via Corsica Ferries.
Quelle est la meilleure période pour visiter la Sardaigne ?
Mai-juin et septembre : la mer est déjà (ou encore) chaude, la fréquentation reste raisonnable, et les prix sont nettement inférieurs à ceux de juillet-août.
La location de voiture est-elle indispensable ?
Fortement recommandée. Les transports en commun sont limités hors des grandes villes, et de nombreuses plages et criques ne sont accessibles qu’en voiture (parfois sur piste non goudronnée) ou en bateau.






